Le marché pour les neuf tente de rattraper, comme en témoignent les ventes enregistrées le mois dernier, qui ont enregistré une augmentation à deux chiffres par rapport à août de l’année dernière. Tout indique que la demande restera forte jusqu’au 31 décembre.
Le mois d’août n’a pas fait dans la demi-mesure : 11 500 véhicules neufs écoulés, toutes catégories confondues. Un chiffre qui, à première vue, paraît anodin face aux 14 377 unités de juillet. Pourtant, si l’on compare à août 2019, la progression atteint 12,8 %. Les distributeurs et importateurs n’auront pas de quoi se plaindre, surtout en considérant qu’août reste, traditionnellement, une période creuse pour le secteur automobile au Maroc.
Malgré ce rebond ponctuel, la majorité des marques restent dans le rouge sur l’ensemble de l’année. Rien d’étonnant : retrouver les niveaux d’avant-crise prendra du temps, probablement jusqu’à 2022. Depuis janvier, seules 62 850 voitures neuves ont trouvé preneur, soit une chute de 32,6 % sur douze mois. Dans ce contexte, les dix constructeurs les plus prisés (voir tableau) s’arrogent plus de 80 % des ventes, concentrant la demande.
En tête, le tandem Dacia-Renault garde la main, même si sa part de marché fond doucement,40,8 % désormais. Les deux marques accusent des baisses notables : -29,8 % pour Dacia, -42,7 % pour Renault depuis le début de l’année. En août, Dacia a mieux résisté sur le segment des véhicules utilitaires légers que sur celui des voitures particulières, avec des variations de 12 % et -0,2 % respectivement. Côté Renault, la chute reste marquée, aussi bien sur l’année qu’en août. Un point à retenir : la Clio 4, sur le départ, pèse encore lourd, totalisant plus de la moitié des ventes du mois. Sur la troisième marche, Hyundai n’a pas flanché : 877 véhicules vendus en août, dont près d’un tiers de Tucson. L’importateur coréen cumule plus de 5 250 livraisons cette année, consolidant une part de marché à 7,33 %.
Peugeot, quatrième, maintient son cap avec 6,6 % du marché. L’arrivée des nouvelles 208 et 2008 donne un nouveau souffle à sa gamme. Volkswagen, cinquième, suit la tendance générale avec une baisse de 28 % à la fin août, son trio Caddy-Tiguan-Touareg assurant à lui seul près de 75 % de ses ventes VP ce mois-là. Dans la seconde moitié du top 10, rares sont les marques à sortir la tête de l’eau, à l’exception notable d’Opel qui affiche une croissance annuelle avoisinant les 33 %.
Opel, huitième au classement, a fait un bond spectaculaire par rapport à août 2019 : +95 %, soit près de 600 voitures vendues. Ce succès repose sur quatre modèles clés : Crossland X (199 unités), nouvelle Corsa (156), la gamme Combo (95) et le SUV Grandland X (77). Citroën, sixième, avance essentiellement grâce au duo Berlingo-C3. Juste derrière, Fiat (septième) marque des points : +38,5 % par rapport à l’an passé, porté par les modèles Fiorino (286 ventes), Doblo (106), Tipo 5 portes (96) et la 500 (86). Ford (neuvième) et Toyota (dixième) suivent la dynamique baissière du marché avec un recul de plus de 30 % sur l’année. Mais Ford tire son épingle du jeu en août, notamment sur les livraisons de voitures particulières (+42,5 %), où le Kuga représente à lui seul la moitié des ventes du mois.
Quelques constructeurs parviennent à tirer leur épingle du jeu sur un marché tendu. Kia et DFSK, par exemple, affichent des croissances à deux chiffres : +10,8 % pour la marque coréenne, +75,5 % pour DFSK. Importée par le groupe Auto Hall, DFSK continue de dominer le segment des véhicules utilitaires légers et creuse l’écart avec ses rivaux, atteignant près de 20 % de parts dans une catégorie pourtant en net recul (-17,8 %).
Du côté premium, Mercedes-Benz conserve sa position de leader avec 1 107 voitures particulières écoulées depuis janvier, juste devant BMW (1 073) et Audi (855). Deux performances sortent du lot en août : Volvo, avec 85 véhicules neufs livrés, et Porsche, qui a trouvé 25 nouveaux propriétaires.
Jalil Bennani /LeInspirationSeco

