Est-il possible de faire votre propre comptabilité dans LLC ? Comment le faire ? Nous ferons mieux que de répondre à cette question. Nous expliquerons comment le faire vous-même dans n’importe quel type de société.
Les honoraires d’un cabinet comptable oscillent généralement entre 45€ HT et 80€ HT de l’heure. Pour beaucoup de commerçants, passer par un expert-comptable représente donc un vrai budget. De là naissent mille interrogations : peut-on vraiment s’occuper seul de la comptabilité de sa boutique ? Un logiciel est-il imposé par la loi ? Est-ce si complexe ? Et que risque-t-on à la moindre erreur ?
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Qui peut se passer d’une vraie comptabilité ?
À quelques exceptions près, la tenue d’une comptabilité structurée reste une obligation pour toutes les formes de sociétés, y compris la LLC. Cependant, certains cas échappent à la règle :
- Les micro-entrepreneurs relevant des régimes Micro-BIC, Micro-BNC ou Micro-BA.
- Les SCI à activité non commerciale (hors BIC), non soumises à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.
Pour ces profils, un simple livre recensant les recettes et un registre des achats suffisent à répondre aux exigences légales.
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Logiciel ou carnet papier : que dit la loi ?
Rien n’oblige à utiliser un outil informatique pour tenir votre comptabilité. Une gestion sur papier reste parfaitement légale. Pourtant, dans les faits, les logiciels comptables ont pris le dessus : ils accélèrent le travail et limitent les risques d’erreur ou de perte de documents.
Certains cherchent à contourner l’achat d’un logiciel en se tournant vers Excel. Depuis 2014, cette méthode n’est plus tolérée : toute entreprise doit pouvoir présenter un FEC (fichier des écritures comptables) lors d’un contrôle fiscal. Ce fichier standardise toutes les opérations, respecte des normes d’encodage précises et son absence ou sa non-conformité expose à une sanction minimum de 5 000€, soit 10% des droits rappelés (article 1729 D du CGI).
La quasi-totalité des logiciels du marché propose aujourd’hui d’exporter les données comptables au format FEC, ce qui facilite grandement la conformité.

Faire sa comptabilité soi-même : est-ce réaliste ?
Rien n’oblige à confier la gestion comptable à un cabinet. Attention toutefois : seuls les professionnels diplômés du DEC et inscrits à l’Ordre peuvent proposer des prestations de comptabilité. S’improviser expert-comptable pour autrui reste interdit.
Tenir soi-même ses comptes reste donc possible. Mais la comptabilité ne s’improvise pas. On estime qu’il faut des années de pratique pour devenir autonome et fiable dans la discipline. Pour un novice, la route peut vite devenir sinueuse.
Le Code de commerce (art. L242-6) rappelle d’ailleurs que présenter des comptes inexacts ou trompeurs expose à cinq ans de prison et 375 000€ d’amende. Les conséquences d’une comptabilité mal tenue peuvent donc être très lourdes. Dès lors, franchir seul toutes les étapes du processus n’est pas sans risque. Il existe cependant des solutions intermédiaires.
Gérer soi-même la saisie des factures et de la TVA
Voici un aperçu des principales tâches gérées par un cabinet d’expertise comptable :
- Choix du statut de l’entreprise et accompagnement à la création
- Saisie et enregistrement des factures
- Vérification de la conformité des documents
- Déclarations de TVA
- Révision des comptes pour la clôture annuelle
- Calcul du résultat fiscal
La saisie des factures (étape 2) fait partie des tâches les plus accessibles. De même, la vérification des dossiers et les déclarations de TVA (étapes 3 et 4) peuvent être prises en main avec un minimum de formation. Si votre objectif est de limiter le coût du cabinet, proposez-lui de ne s’occuper que des opérations les plus délicates : la création, la fiscalité et la clôture annuelle.
Ce fonctionnement hybride vous permet de profiter des conseils stratégiques de votre comptable au moment clé de la création.
En fin d’exercice, le professionnel vérifie vos écritures, ajuste si besoin, puis certifie les comptes. Cette validation rassure à la fois l’administration et votre banquier, si vous sollicitez un financement.
Comptabilité d’engagement ou de trésorerie : deux méthodes, deux visions
Deux approches existent pour enregistrer vos opérations : la comptabilité d’engagement et la comptabilité de trésorerie. En général, la première s’impose, sauf exceptions (notamment pour les professions libérales au régime BNC).
Les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés ou relevant du régime réel normal BIC doivent tenir une comptabilité d’engagement. D’autres, comme certaines entreprises individuelles, peuvent opter pour la comptabilité de trésorerie.
La comptabilité d’engagement consiste à enregistrer chaque opération à la date de la facture, avec une écriture dans un compte fournisseur ou client dédié.
En comptabilité de trésorerie, seules les entrées et sorties effectives sur le compte bancaire sont enregistrées, à la date du mouvement.
L’avantage de la comptabilité de trésorerie : elle simplifie la gestion, notamment pour les petites structures. En revanche, la comptabilité d’engagement offre une vision précise des dettes et créances en cours.
Exemple :
Comptabilité d’engagement
| À la date de facturation : Numéro de compte | Étiquette | Flux | Crédit | |
| 60221 | Carburants | 200 | ||
| 44566 | TVA déductible | 40 | ||
| 401 | Fournisseur | |||
| 240 | ||||
| 401 | Fournisseur | 240 | ||
| 512 | Banque | 240 |
En comptabilité de trésorerie
À la date du débit de 240€ sur le compte bancaire :
| Numéro de compte | Étiquette | Flux | Crédit |
| 60221 | Carburants | 200 | |
| 44566 | TVA déductible | 40 | |
| 512 | Banque | 240 |
Ces bases posées, passons à l’enregistrement d’une facture.

Enregistrer une facture : les règles élémentaires
Dès que vous commencez à enregistrer, vous vous concentrez principalement sur les achats et les ventes. Le reste des opérations suivra naturellement au fil de votre organisation.
Le but de la comptabilité : présenter une image fidèle de la situation financière (compte de résultat, bilan). Chaque opération est enregistrée à l’aide d’un numéro de compte correspondant à une catégorie. Les comptes sont structurés en sept classes, de 1 à 7, chacune associée à un type d’opération :
1 : Capitaux propres
2 : Immobilisations
3 : Stocks
4 : Comptes de tiers (fournisseurs, clients, État…)
5 : Comptes financiers (banques, placements à court terme…)
6 : Charges (achats non immobilisés, frais…)
7 : Produits (ventes, prestations…)
À noter : la liste complète des comptes figure dans le Plan comptable général, véritable référentiel pour toute interrogation sur l’enregistrement d’une opération.
Ici, l’objectif est de se concentrer sur l’essentiel : comment comptabiliser achats et ventes.
Dans ce cadre, vous manipulerez principalement des comptes de classe 2, 4, 5, 6 et 7,selon l’opération à enregistrer et le mode de comptabilité choisi.
Comptabiliser une facture de vente
Pour chaque vente, il s’agit d’enregistrer :
- Le montant hors taxes sur le compte de classe 7 correspondant.
- Le montant de la TVA sur le compte 44571 (TVA collectée).
- Le montant total sur le compte 411 (« client ») en comptabilité d’engagement, ou 512 (« banque ») en comptabilité de trésorerie.
Comptes de ventes
Voici la liste des principaux comptes de ventes (classe 7) utilisés :
| 701 | |
| 702 | |
| 703 | |
| 704 | |
| 705 | |
| 706 | |
| 707 | |
| 7085 |
Exemple :
Un commerçant vend un sac à main pour 90€ HT et facture 10€ de frais de port. Voici comment comptabiliser cette opération en comptabilité d’engagement :
Montant total de la vente : 100€ HT.
| Numéro de compte | Étiquette | Flux | Crédit |
| 707 | Sac à main | 90 | |
| 7085 | Frais d’expédition | 10 | |
| 44571 | TVA collectée | 20 | |
| 411 | Client | 120 |
Au moment du paiement :
| 512 | Banque | 120 | |
| 411 | Client | 120 |
Comptabiliser une facture d’achat
Pour la gestion des achats, la logique reste similaire mais le choix des comptes s’élargit. Pour approfondir la question, l’article « enregistrer une facture d’achat » détaille chaque étape avec précision.
La comptabilité, loin d’être une simple formalité, façonne la santé et la crédibilité de votre magasin. Que vous choisissiez de garder la main ou de déléguer une partie du travail, l’essentiel reste la rigueur. Tenir ses comptes, ce n’est pas seulement obéir à la loi : c’est aussi s’offrir la tranquillité d’esprit et la capacité de rebondir face à l’imprévu. À chacun sa méthode, mais jamais au hasard.

