Un chiffre sec : plus d’un quart des accidents du travail sont liés à une glissade ou une chute de plain-pied. Pourtant, aucune réglementation européenne n’impose que chaque chaussure de sécurité soit dotée d’une semelle antidérapante. Les fabricants affichent parfois le label “SRC” en promesse, mais sur terrain gras ou métallique, la réalité déjoue les slogans.
Face à ce constat, impossible de transposer les besoins d’un chef en cuisine à ceux d’un électricien sur chantier ou d’un manutentionnaire. Les exigences changent : matériaux, ergonomie, innovations, chaque détail compte, et les nouveautés abondent chaque saison dans les catalogues professionnels.
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Pourquoi le choix des chaussures de sécurité antidérapantes ne se fait jamais au hasard
Derrière chaque porte d’atelier ou de cuisine, la vigilance s’impose. Sélectionner ses chaussures de sécurité antidérapantes réclame méthode et lucidité. Ce n’est pas une question de style, ni même de simple confort : il s’agit d’anticiper les risques, pour soi comme pour ses collègues. L’accident du travail ne prévient jamais, mais l’équipement, lui, fait la différence.
Le marché des chaussures de sécurité s’organise autour de normes précises. SRA, SRB, SRC : chaque marquage correspond à des essais sur différentes surfaces et en présence de substances glissantes. Un modèle SRC, par exemple, a été validé sur carrelage humide comme sur acier recouvert d’huile. Mais attention à ne pas s’en remettre uniquement à cette étiquette. Le type de sol, l’exposition aux liquides, l’intensité des déplacements ou le rythme de travail modifient la donne. Choisir la bonne paire revient à dresser une véritable carte des risques : antidérapance, résistance à l’abrasion, poids plume ou robustesse, imperméabilité, et compatibilité avec les autres équipements de protection individuelle (EPI).
Les chiffres de l’assurance maladie sont sans appel : les glissades restent l’un des premiers motifs d’arrêt de travail. Prendre au sérieux la question des chaussures, c’est agir en prévention. Derrière les acronymes ISO et SRC, c’est la sécurité quotidienne qui se joue, pas seulement le respect d’une obligation.
Quels critères privilégier selon votre environnement de travail ?
Les risques diffèrent d’un poste à l’autre. Selon que vous évoluez sur un chantier, dans une cuisine industrielle, un laboratoire ou un entrepôt logistique, les exigences changent du tout au tout. Les sols glissants, gras, encombrés de débris exigent une approche sur-mesure.
Pour ceux du bâtiment, la semelle antiperforation devient un passage obligé, face aux clous et objets coupants. Si votre quotidien se déroule au contact d’huiles ou de carburants, il faut miser sur une semelle résistante aux hydrocarbures. Dans l’agroalimentaire ou la restauration, la norme SRC (adhérence) et l’étanchéité sont prioritaires : les modèles S2 ou S3 font la différence.
La matière de la tige influe sur la robustesse et la capacité à laisser respirer le pied : cuir, cuir velours ou textiles techniques. Sur sol boueux, privilégiez une tige imperméable, facile à nettoyer, et une semelle autonettoyante. Pour affronter la chaleur, certains modèles HRO résistent à une température élevée de contact.
Voici quelques caractéristiques à examiner de près :
- Coque composite ou acier : la composite allège la chaussure et protège du froid, l’acier reste le meilleur rempart contre les chocs violents.
- Doublure respirante : pour éviter la surchauffe et la transpiration excessive lors des journées prolongées.
Les chaussures montantes sécurisent davantage la cheville, idéal sur terrain inégal. Les baskets de sécurité, elles, séduisent pour leur souplesse et leur faible poids, parfait pour les métiers très mobiles. Le secteur s’est aussi adapté aux morphologies : modèles pour femmes, versions allégées, ou chaussures normées S1P, S2, S3 selon le niveau d’exposition. La clé : analyser vos conditions de travail pour adopter une paire fiable et adaptée à vos impératifs.
Tour d’horizon des modèles et marques incontournables en 2025
En 2025, le marché des chaussures de sécurité antidérapantes se renouvelle sans relâche. Les acteurs majeurs rivalisent d’innovations et de designs pensés pour l’efficacité et le confort.
La marque puma, très présente chez les professionnels, propose une gamme de baskets de sécurité conjuguant allure sportive, légèreté et semelle SRC performante, idéale sur sols humides ou gras. Les modèles motion protect sont particulièrement appréciés dans la maintenance et la logistique.
Chez u-power, la réputation repose sur des semelles très robustes et un confort soigné. La technologie Infinergy, en partenariat avec BASF, équipe plusieurs références et assure un amorti durable. L’industrie lourde s’y retrouve, notamment avec des modèles S3.
Les chaussures basses caterpillar ou les modèles montants de s. 24 répondent à des attentes spécifiques : cuir pleine fleur, renforts anti-abrasion, coques composites pour une sécurité renforcée. Du côté des femmes, parade et sparco élaborent des lignes pensées pour la morphologie féminine, sans concession sur la protection.
Pour résumer les tendances du moment, voici un aperçu des marques qui font référence :
- puma : baskets de sécurité S1P/SRC, style urbain, confort reconnu
- u-power : semelle Infinergy, modèles S3, durabilité avancée
- s. 24 : montants en cuir, protection maximale
- parade, sparco : ergonomie spécifiquement conçue pour les femmes
La diversité des modèles actuels permet de répondre de façon pointue à chaque métier : entretien simplifié, résistance à l’usure, semelles pensées pour les flexions répétées. La norme SRC s’impose partout où le risque de glissade est élevé, tandis que le choix entre chaussure basse ou montante dépend du maintien recherché et de la stabilité nécessaire.
Faire le bon choix : conseils pratiques pour allier sécurité, confort et budget
Choisir ses chaussures de sécurité antidérapantes demande réflexion et bon sens. Trois critères dominent le processus : protection, confort et coût. Un modèle trop rigide ou mal ventilé finit rapidement relégué au fond du casier. À l’inverse, une chaussure légère, mais sans semelle antidérapante adaptée, met votre sécurité en jeu.
Pour les environnements glissants, privilégiez une semelle conforme à la norme SRC ou SRA. Les métiers du bâtiment rechercheront une adhérence maximale et une semelle capable de résister à l’abrasion ainsi qu’aux hydrocarbures. La semelle composite se distingue par sa légèreté, tandis que le caoutchouc nitrile s’impose sur les sols les plus agressifs.
Le confort mérite une attention particulière : doublure respirante, maintien ajusté, poids contenu. L’ergonomie compte aussi : largeur du chaussant, forme de la tige, qualité de l’amorti. Pour ceux qui piétinent des heures, la semelle intérieure à mémoire de forme change la donne en limitant la fatigue.
Quant au budget, la tentation de l’entrée de gamme est forte. Pourtant, une chaussure mal conçue s’use en accéléré, s’avère inconfortable et peut même augmenter les risques d’accident. Il vaut mieux investir dans la durée : privilégiez la robustesse, la facilité d’entretien et la clarté sur la garantie proposée.
Avant de passer à la caisse, vérifiez ces points :
- Certification (SRC, SRA, S3…)
- Essai du chaussant et du maintien
- Rapport qualité/prix sur la durée
- Anticipation du rythme de remplacement : usure de la semelle, perte d’adhérence, doublure fatiguée
Parce qu’une semelle bien choisie vaut parfois mieux qu’une promesse d’innovation, le choix de vos chaussures de sécurité antidérapantes dessinera la frontière entre la routine et l’accident. La bonne paire, c’est celle qui accompagne chaque pas, jour après jour, sans jamais faillir.


