Les cannabinoïdes, avec le THC en vedette, se concentrent principalement dans les fleurs femelles du cannabis. On les retrouve sur les fleurs, les pétales, et d’autres parties de la plante. Le THC, molécule recherchée tant pour ses effets que pour la réputation qu’il s’est forgée, s’accumule en petites gouttes perchées sur des tiges minuscules. Même sans loupe, on distingue parfois ces gouttelettes à leur apogée, mais il faut savoir : leur histoire ne s’arrête pas à leur apparition. Elles évoluent, vieillissent, et leur contenu se transforme.
Trop tôt et c’est austère, trop tard et c’est risqué
En général, les amateurs de cannabis préfèrent récolter quand plus de la moitié de ces fameuses gouttelettes, ou trichomes, prennent une teinte laiteuse ou ambrée. À ce stade, elles ne sont plus translucides comme avant, mais n’ont pas encore viré au brun. Ces trichomes ne mûrissent pas tous sur le même tempo : il faut donc s’armer d’une loupe, bien éclairer la plante et observer de près. Ceux qui recherchent des effets plus doux peuvent décider de couper un peu plus tôt.
Pour ceux qui apprécient une puissance marquée, la patience devient un atout. Mais attention : le travail ne se limite pas au timing. Il faut s’assurer d’avoir arrêté les apports d’engrais à temps (le fameux rinçage), et respecter les délais pour tout traitement appliqué sur la plante. Le séchage et la transformation qui suivent sont tout aussi déterminants pour la qualité finale, que ce soit pour fumer ou cuisiner. Dès que la majorité des trichomes apparaissent laiteux sous la loupe, le bon moment approche. Certains attendent que les premiers deviennent bruns pour déclencher la récolte.
Certaines plantes offrent aussi la possibilité de récolter d’abord les têtes du haut, puis celles du bas une semaine plus tard. Les curieux ou les perfectionnistes pourront comparer les effets en récoltant différentes parties à des stades variés. En notant précisément l’évolution des trichomes à chaque session, il devient possible d’anticiper et d’affiner la récolte d’une même variété lors des saisons suivantes.
Sans loupe : comment s’y prendre ?
Dans certains cas, impossible de mettre la main sur une loupe. Si c’est votre situation, une observation attentive peut suffire :
Les fleurs de cannabis arborent des filaments, parfois appelés pistils : ils ne contiennent pas le THC, mais donnent des indices sur le moment opportun. Tant que de nouveaux filaments jaunes continuent d’apparaître, la plante poursuit sa maturation et prend du poids. Dès que la majorité de ces filaments virent au brun, la récolte devient envisageable. Toutes les variétés ne réagissent pas pareil : sur certaines, les pistils brunissent tous presque en même temps, sur d’autres, le processus s’étale. L’idéal reste d’attendre que la quasi-totalité des filaments ait pris une couleur brune ou au moins que la moitié d’entre eux affiche ce changement.
La récolte approche : combien de semaines attendre ?
Pour s’y retrouver, les banques de graines fournissent généralement une durée de floraison, exprimée en jours ou en semaines, afin d’indiquer à quel moment récolter. Mais ces indications sont à prendre avec du recul. D’un contexte à l’autre, une plante peut nécessiter plus ou moins de temps. Les banques de graines ont tendance à annoncer des cycles courts : une manière d’inciter à l’achat, car beaucoup souhaitent un résultat rapide. Ce n’est donc pas rare de voir la récolte se faire en avance, sans que cela soit forcément la meilleure option.
En réalité, il est fréquent d’ajouter une à deux semaines de plus à la période de floraison indiquée. Certaines variétés à maturation rapide s’expriment pleinement en sept semaines, mais la plupart nécessitent entre neuf et douze semaines. Les variétés dites « landraces » ou « haze » demandent un temps nettement plus long et leur rendement s’en ressent. Pour répondre à la demande, les banques de graines proposent des hybrides qui combinent les atouts génétiques du cannabis tout en raccourcissant la durée de floraison et en maximisant les récoltes.
Les indicas arrivent à maturité plus vite, encaissent des doses d’engrais plus élevées et produisent des effets plus lourds. Les sativas, à dominante haze, poussent plus haut, restent aérées, prennent leur temps, et les variétés locales très pures exigent une patience à toute épreuve… pour une quantité souvent moindre. Voilà pourquoi la sélection variétale continue d’évoluer, cherchant l’équilibre entre génétique, rendement et rapidité.
Entre le moment où les trichomes s’illuminent sous la loupe et celui où les pistils brunissent à l’œil nu, il y a tout un monde de nuances. C’est dans cette zone d’incertitude, entre patience et observation, que se joue la qualité d’une récolte réussie.


